Commentaire de Pierre Konowaloff, héritier d’Ivan Morosoff
Au nom du gaz et des oligarques, Amen...
Une fois de plus, la perfide Albion a rejoint le cercle des exploiteurs, n'hésitant pas à voter une loi scélérate dans l'urgence afin de déposséder les héritiers Morosoff et Chtchoukine.
Comment la patrie de l'habeas corpus a-t-elle pu, dans l'urgence et sous la pression des autorités russes, permettre que les propriétaires légaux de ces fabuleuses collections n'aient droit de cité et soient dans l'impossibilité de revendiquer leurs droits légitimes ? Imaginons que nous fassions de même avec les joyaux de la couronne en décrétant leur nationalisation, il y aurait alors une levée de boucliers et on crierait au crime de lèse majesté sous un tollé général. Sous prétexte que les sponsors de cette exposition dépendent de Gazprom pour l'approvisionnement en gaz, on irait jusqu'à invoquer la raison d'État, alors qu'en réalité il s'agit d'un hold-up organisé avec le concours volontaire du gouvernement anglais.
Oubliées les fermetures du British Council en Russie, les citoyens empoisonnés, que ne ferait-on pas pour que le bon peuple so British puisse contempler des tableaux volés tout en oubliant volontairement d'indemniser les vrais propriétaires. Pendant ce temps les sponsors gaziers s'enrichissent encore un peu plus sur le dos des pauvres hères dépossédés par le petit père des peuples ayant permis à l'homo sovieticus d'acquérir un semblant de culture à moindre prix.
Comme vous pouvez le constater, lorsqu'il s'agit d'argent, copains et coquins se retrouvent dans un taxi londonien et pactisent avec le diable le temps d'une danse que ne renierait pas Matisse. Saint Gazprom faites que les premiers soient les derniers et rendez à César ce qui est à César ou rendez à Chtchoukine et Morosoff ce qui leurs revient de droit.