André-Marc Delocque-Fourcaud, petit fils de Sergei Chtchoukine
morozov.shchukin@gmail.com 
Pierre Konowaloff, arrière petit fils d'Ivan Morozov
morozov.shchukin@gmail.com 
Et leur avocat Maître Bernard Jouanneau

Seront à Londres du lundi 21 à 14 h. au mercredi 23 à 9 h.
A l'hôtel Athenaeum, 116 Piccadilly tel. 44 (0) 207 499 3464

 
 
Communiqué à la presse

 

André-Marc Delocque-Fourcaud, petit fils du collectionneur Sergei Chtchoukine et Pierre Konowaloff, arrière petit fils du collectionneur Ivan Morosoff, saluent la tenue à Londres de l'exposition From Russia. Priver le public anglais d'œuvres vedettes comme La Danse de Matisse ou le Portrait de Jeanne Samary de Renoir, provenant des collections de leurs familles, eût été un désastre pour tous les amoureux de l'art et de la Beauté.

Cette exposition offre l'occasion de rappeler les conditions de la confiscation des œuvres à nos familles par des décrets de Lénine, il y a tout juste quatre-vingt dix ans. L'acte de barbarie de 1918 s'est invité spontanément quand la Russie a exigé, et obtenu, que la loi britannique interdise en urgence, le 31 décembre dernier, toute action judiciaire durant le séjour des tableaux à Londres.

Nous sommes restés parfaitement silencieux durant ces folles semaines, médusés par la terreur de la Russie devant les fantômes de son passé. Qu'il nous soit permis à présent de prendre la parole depuis la zone d'interdiction judiciaire où Sa Majesté a daigné nous interner.

Notre combat peut se résumer en trois points.

1° Les héritiers des collectionneurs russes reconnaissent et admettent que leurs tableaux se trouvent dans les grands musées russes. Toutes les autorités russes le savent parfaitement, au moins depuis la lettre écrite en 1993 par Irina Chtchoukine, fille de Sergei Chtchoukine, à Boris Eltsine.

2° Ce que nous remettons en question, c’est la confiscation de l'extraordinaire trésor artistique réunis par nos pères. Nous dénonçons cet acte de violence contre le fruit du travail de trois générations d'honnêtes marchands, violence contre le génie incomparable des collectionneurs, violence contre la Beauté. Dans tout le monde civilisé quand une propriété privée devient d'intérêt national, elle est transférée à l'État selon un processus légal, respectant les intérêts moraux et matériels des expropriés et moyennant une juste indemnité.

3° Cette violence faite aux familles est d'autant plus injustifiée que les temps ont bien changé depuis l'époque ou les commissaires rouges nous arrachaient notre propriété pour « l'éducation du peuple ». Les grandes expositions d'art ne sont plus des entreprises purement culturelles d'éducation au beau. Ce sont d'immenses machines économiques, essentielles au budget des musées prêteurs, rémunérés par de super sponsors comme ici le géant du gaz E.on ; essentielles aux ressources des institutions exposantes comme ici la Royal Academy of Arts qui espère un million d'entrées à 11£. Le marketing agressif autour de la « Danse » se compare avantageusement à la promotion du dernier Harry Potter ou du prochain blockbuster d'Hollywood. Notre capital, saisi par l'Union Soviétique au nom de l'utopie communiste, est ainsi récupéré pour encaisser la rente politique et économique de l'art business.

Personnes privées sans fortune, nous sommes bien seuls face aux plus grands musées du monde, face aux gouvernements et aux lois d'exception. Mais ce combat dépasse nos personnes. Sergei Chtchoukine et Ivan Morosoff nous ont laissé en héritage l'absolu de la Beauté. Nous devons à leur mémoire, nous devons à leur génie de témoigner sans peur et sans faiblesse que les hommes naissent, grandissent, rêvent, souffrent et meurent pour transmettre à leurs enfants le fruit de leur travail.

19 janvier 2008



André-Marc Delocque-Fourcaud
Pierre Konowaloff

http://www.morozov-shchukin.com