A l’attention de Monsieur V.V. Poutine, président de la Fédération de Russie. Monsieur le Président,
Je m’adresse à vous directement pour vous faire part de mes doléances afin que vous examiniez attentivement ma requête.
J’ai pu constater les efforts louables entrepris pour faire revenir dans le giron national les églises russes de France ainsi que votre participation à l’entretien du cimetière russe de Sainte Geneviève des Bois, preuve tangible de votre attachement aux racines et à la culture Russe.
Dans mes veines coule également le sang d’Alexandre Konowaloff, mon arrière grand-père, dernier premier ministre en exercice sous le gouvernement provisoire Kerensky, et à ce titre, directement concerné par les évènements ayants trait à la Russie. Toutefois, humainement, je ne peux en aucun cas accepter la nationalisation des biens et propriétés de mes ancêtres suite au décret de Vladimir Ilitch Lénine en 1919, ceux-ci ayant constitué un patrimoine inestimable, fruit du labeur de plusieurs générations, en aucun cas inné, confiscations effectuées à la hussarde sans aucun respect pour leurs propriétaires légaux.
Vous comprendrez aisément, Monsieur le Président, la légitimité de ma demande de restitution de l’intégralité de la collection des œuvres d’arts constituée par mon arrière grand-père Ivan Morozov ainsi que de tous les biens immobiliers ayant appartenu aux familles Morozov et Konowaloff ou, à défaut, une compensation financière conséquente en réparation des préjudices subis et en accord avec la convention des droits de l’homme. J’ose penser que vous n’adopterez pas la position radicale de Mr Schvidkoï en fermant la porte à d’éventuelles indemnisations, situation inopportune en ces circonstances particulières où la passion doit céder la place à la raison.
Faisant suite aux échos de la presse internationale entourant l’ouverture de l’exposition de Londres intitulée « From Russia » je vous confirme que mon souhait serait que l’inestimable « collection Morozov » reste sur le territoire de la Fédération de Russie sous réserve que ce transfert de propriété s’effectue en toute légalité. Dans l’attente de vous lire, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération distinguée. Monsieur Pierre Konowaloff
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Ce courrier a été adressé au Président Vladimir Poutine le 30 janvier 2008.